Sommaire · 7 chapitres
J'ai relevé le 1er novembre 2026 les sous-requêtes réellement émises sur cinq questions de marketing B2B, d'analytics, de CRO et de visibilité dans les IA. Voici ce que dit l'éditeur, comment les observer, ce que montrent les cinq cas et comment en tirer le plan d'un article.
Qu'est-ce que le query fan-out ?
Le terme est officiel. Lors de la conférence I/O du 20 mai 2025, Elizabeth Reid, responsable de Search, écrit sur le blog officiel que Google AI Mode « utilise notre technique de query fan-out » : il découpe la question en sous-thèmes et lance de nombreuses requêtes en même temps, pour le compte de l'utilisateur.
La documentation Search Central sur les fonctionnalités d'IA (mise à jour le 10 décembre 2025) précise que les AI Overviews et le Mode IA peuvent tous deux y recourir : plusieurs recherches connexes, sur différents sous-thèmes et différentes sources de données. Pendant la rédaction, les modèles repèrent d'autres documents à proposer en lien.
La recherche d'information connaît depuis longtemps l'expansion de requête. La nouveauté : le modèle génère lui-même les variantes, les lance, puis lit les documents trouvés avant de rédiger. Les réponses générées par l'IA sont donc la synthèse finale des résultats de plusieurs recherches, pas d'un seul classement.
1.2Ce que l'éditeur ne dit pas
L'éditeur ne publie ni nombre de requêtes, ni liste, ni règle de sélection. La même documentation prévient que les deux fonctionnalités peuvent utiliser des modèles et des techniques différents : les liens affichés et les réponses varient d'un espace à l'autre.
Pour le fonctionnement général de cet espace (accès, dates, différences avec les aperçus), voyez mon article sur le mode IA de Google. Ici, je m'en tiens au découpage de la question et à ce qu'il change pour un contenu.
1.3Ce que décrit un brevet
Le brevet US11663201B2, « Generating query variants using a trained generative model », accordé le 30 mai 2023, décrit un modèle génératif qui produit des requêtes synthétiques à partir d'une requête soumise. Il en cite plusieurs familles :
- 01équivalente
- la même demande, autrement formulée ;
- 02de suivi
- la question qui vient après ;
- 03de généralisation
- et de spécification : plus large ou plus précise ;
- 04de canonicalisation
- et de traduction : forme normalisée, autre langue ;
- 05d'implication
- ce que la réponse suppose ;
- 06de clarification
- une question renvoyée à l'utilisateur.
Un brevet décrit ce qu'une société peut construire, pas ce qu'elle a mis en ligne. Je m'en sers comme grille de lecture des angles d'une question, pas comme preuve du fonctionnement du moteur.
Comment relever les sous-requêtes
Le Mode IA n'affiche pas ses recherches. Les sorties brutes que je récupère par API contiennent le texte, les liens et les intertitres, jamais la liste des sous-requêtes. Trois sources permettent toutefois de s'en approcher :
- 1Gemini par API, avec l'ancrage sur la recherche. La documentation de l'API Gemini indique que la réponse liste ce que le modèle a exécuté. C'est le témoin le plus proche, avec une réserve : le modèle de l'API n'est pas celui du moteur grand public.
- 2OpenAI avec la recherche web. Les outils de collecte par API restituent un champ de sous-requêtes quand l'assistant d'OpenAI a cherché en ligne.
- 3Les intertitres de la réponse affichée. Ce n'est pas une liste, mais chaque section traite un sous-thème : c'est la trace visible du découpage.
Mon outil 12geo fait la même chose à partir d'une question : il affiche ce que les assistants cherchent pour la traiter. Voici l'extrait brut d'une sortie Gemini du relevé :
"keyword": "pourquoi GA4 affiche moins de conversions que Google Ads",
"fan_out_queries": [
"GA4 moins de conversions que Google Ads",
"GA4 conversion differences Google Ads",
"Écart de données de conversion GA4 et Google Ads"
]Démonstration sur 5 requêtes métier
Relevé du 1er novembre 2026 : chaque question, qui porte une intention différente, posée une fois à Gemini (API, modèle gemini-2.5-flash, recherche active), trois fois à l'assistant d'OpenAI et une fois au Mode IA, en français, ces deux derniers localisés en France. Les formulations citées ci-dessous sont celles renvoyées par les moteurs, recopiées sans retouche.
Le même jour, j'ai reposé les questions aux modèles Gemini plus récents de la même API (Gemini 3.8 Flash sur les cinq, trois autres sur l'une d'elles), recherche active : aucun n'a consulté le web, donc aucune sous-requête à relever. Le relevé Gemini repose donc sur gemini-2.5-flash, un modèle plus ancien que les dernières versions.
Ce n'est pas une mesure statistique : cinq questions, un échantillon à un instant donné. L'objectif est de savoir quelles sections un article doit contenir, famille de questions par famille de questions.
| Question posée | Sous-requêtes Gemini | Sections de la réponse IA |
|---|---|---|
| Leads B2B qualifiés pour un éditeur de logiciel | 3, dont une en partie en anglais | Ciblage, inbound, outbound et ABM, nurturing, alignement ventes |
| GA4 affiche moins de conversions que Google Ads | 3, dont une en anglais | Date d'attribution, post-impression, comptage, modèles, consentement |
| Taux de conversion d'un formulaire de devis | 4, en français | Simplification, ergonomie, réassurance, analyse continue |
| Matomo ou GA4 pour un grand compte | 5, en anglais | Conformité, échantillonnage, fonctionnalités, coûts et gouvernance |
| Faire citer son entreprise B2B par ChatGPT | 5, en français | Mentions sur des sources d'autorité, SEO sémantique, audit régulier |
- 01
Marketing B2B : générer des leads qualifiés
Gemini a lancé « générer des leads B2B qualifiés éditeur de logiciel », « stratégies de génération de leads B2B pour éditeur de logiciel » et « meilleures pratiques lead generation software editor B2B ». La réponse IA s'organise en cinq sections, du ciblage à l'alignement avec les ventes.
Pour le contenu : une section par canal (inbound, outbound, ABM, nurturing), chacune ouverte par une réponse courte. Le vocabulaire anglais du métier (lead generation, ABM) doit figurer dans le texte, puisque l'IA l'emploie dans ses requêtes.
- 02
Analytics : l'écart de conversions entre GA4 et Ads
Les trois tirages d'OpenAI ont lancé leurs recherches en anglais, avec des termes précis : attribution, conversions post-impression, fenêtres de conversion, consentement, et à chaque fois « official documentation ». La réponse liste cinq causes, de la date d'attribution aux bloqueurs et au consentement.
Pour le contenu : un intertitre par cause, avec où la vérifier dans GA4 et dans la plateforme publicitaire, et un lien vers l'aide officielle. Une liste de causes sans contrôle concret ne couvre qu'une partie de la demande.
Relevé du 1er novembre 2026, recopié tel quel. - 03
CRO : le formulaire de devis
Gemini a lancé quatre formulations courtes : améliorer le taux de conversion, optimisation, bonnes pratiques et « réduire friction formulaire de devis ». L'assistant d'OpenAI, lui, n'a lancé aucune recherche sur ses trois tirages : ni sous-requête, ni lien. Sa réponse s'appuie alors sur ses données d'entraînement, et aucun site n'a eu l'occasion d'être cité.
Pour le contenu : une liste de contrôle par friction (nombre de champs, réassurance, erreurs de saisie), puis une partie sur la mesure et les tests, que la synthèse traite à part.
- 04
Comparatif : Matomo ou GA4 pour un grand compte
C'est le découpage le plus net. Gemini a lancé, en anglais, le comparatif, puis les avantages et les inconvénients de chaque outil pour un grand compte : cinq recherches, une par case d'un tableau. OpenAI, sur un tirage, est allé voir l'offre sur site de Matomo, GA4 360 avec BigQuery et ce que dit la CNIL des transferts de données.
Pour le contenu : un tableau par critère (souveraineté, échantillonnage, intégrations, gouvernance), puis une section « pour » et « contre » par outil, avec la source de chaque affirmation. Sur un sujet qui touche la CNIL, l'article décrit et renvoie au texte daté, sans trancher à la place du juriste.
- 05
Visibilité dans les réponses : être cité par ChatGPT
L'assistant d'OpenAI a d'abord cherché sa propre documentation sur son robot OAI-SearchBot, sur les trois tirages. Gemini a produit cinq variantes, dont une hors sujet : « utiliser ChatGPT pour visibilité B2B », qui relève d'une autre intention.
Pour le contenu : une section sur l'accès des robots, une sur la rédaction, une sur les mentions tierces et une sur la mesure. Je détaille ces points dans mon guide pour être visible et cité dans les réponses de l'IA d'OpenAI.
Ce que révèle le relevé
- 01Des requêtes en anglais
- sur trois des cinq questions, Gemini a interrogé au moins une fois en anglais, et OpenAI sur toutes ses requêtes. Votre article français est en concurrence avec des sources anglophones.
- 02La documentation officielle d'abord
- OpenAI ajoute « official documentation » ou l'année à ce qu'il cherche. Citer la source primaire, datée, aide un contenu à être retenu à côté d'elle.
- 03Pas toujours de consultation du web
- sur le formulaire de devis et sur les leads B2B, l'assistant n'a restitué aucune requête. Sur une question générale, il peut se passer du web.
- 04Peu de sous-requêtes
- de zéro à cinq selon le moteur, pas des dizaines. La recherche approfondie annoncée en mai 2025 en promet des centaines, mais elle produit un rapport, pas une réponse rapide.
- 05Un tirage ne suffit pas
- les trois tirages d'OpenAI diffèrent à chaque fois. Je relance une question importante plusieurs fois avant de conclure.
Ce que ce découpage change à la structure d'une page
Le mot-clé principal reste la porte d'entrée, mais la page est lue par passages : chaque section doit pouvoir être reprise seule, pour la sous-requête qui l'a fait remonter dans les résultats. Au lieu d'optimiser un texte pour un mot-clé, on organise sa couverture des angles d'une question. Les agents IA, qui mènent des recherches pour le compte des personnes, ont le même besoin de passages autonomes et bien structurés.
La documentation ne prévoit aucune exigence technique supplémentaire : un document indexé et éligible à un extrait peut être repris. Le travail porte donc sur la création de contenu et sa structure.
- 1Lister les sous-requêtes probables : partez de la question, appliquez la grille du brevet (suivi, spécification, comparaison, implication), puis vérifiez avec un relevé réel.
- 2Un titre de section par requête, formulé avec ses mots, comme une question réelle.
- 3La réponse en tête de section, en deux ou trois phrases autonomes, sans « comme vu plus haut ». C'est la méthode de l'AEO.
- 4Une source datée par affirmation chiffrée, de préférence la documentation de l'éditeur.
- 5Le bon vocabulaire : les termes anglais du métier quand l'IA les emploie, et les entités précises (GA4 360, OAI-SearchBot) plutôt que des généralités.
Ne créez pas une page par requête. Google range la production massive de pages destinée à manipuler les résultats parmi les pratiques de spam. Les sous-thèmes proches vont dans la même page ; les sujets distincts ont la leur, reliés par un maillage interne clair, que la documentation cite parmi ses bonnes pratiques.
Pour vérifier qu'un contenu couvre le champ sémantique des documents déjà retenus, j'utilise SERPmantics. La cartographie des questions et de leurs sous-requêtes, le plan de réécriture et le suivi des citations font partie de mes missions GEO.
Comment mesurer l'effet
Search Console compte le trafic des fonctionnalités d'IA dans le rapport Performances, type « Web », sans le séparer du reste. Le suivi passe donc par un panel de questions fixe, relevé chaque mois ou après une mise à jour des modèles : formulations, liens affichés, présence de votre site dans les réponses. C'est la méthode de mon audit GEO. Hors de Google, soignez aussi votre indexation dans Bing, avec Bing Webmaster Tools.
Ce découpage est aussi la raison pour laquelle le travail de fond sur Google reste la base : chaque sous-requête est une recherche ordinaire, et seul un document indexé, éligible à un extrait, peut y être choisi. Je développe ce lien dans GEO et SEO et dans mon article sur les AI Overviews.
Questions fréquentes
Q01Qu'est-ce que le query fan-out en SEO ?
C'est la décomposition d'une question en plusieurs requêtes envoyées en parallèle par un moteur IA, avant la rédaction d'une réponse unique. Pour un site, il oblige à couvrir les sous-thèmes d'un sujet, pas seulement le mot-clé principal.
Q02Combien de requêtes le Mode IA lance-t-il ?
Ce chiffre n'est pas publié. Dans mon relevé du 1er novembre 2026, Gemini par API (modèle 2.5 Flash) en a lancé de trois à cinq par question. La recherche approfondie annoncée en mai 2025 en promet des centaines.
Q03Peut-on voir les requêtes de l'AI Mode ?
Pas directement. On s'en approche avec l'API Gemini et son ancrage sur la recherche, qui liste les requêtes exécutées, avec des outils comme 12geo, ou en lisant les intertitres des réponses.
Q04Faut-il créer une page par sous-requête ?
Non. Une page complète qui traite les sous-thèmes proches vaut mieux que des pages minces par variante, que Google peut traiter comme du spam à grande échelle.
Q05ChatGPT et Perplexity découpent-ils aussi les questions ?
Oui pour l'assistant d'OpenAI : dans mon relevé, il lançait de zéro à trois requêtes par question, en anglais. Perplexity interroge aussi le web, mais l'outil de collecte n'a restitué aucune de ses requêtes.
1.1Comment le moteur décompose une requête
Le fonctionnement se lit en trois étapes. Le modèle décompose une requête utilisateur en angles (définition, comparaison, coût, étape suivante). Ces requêtes connexes sont lancées en même temps dans l'index. Il classe ensuite ce qu'il a trouvé et rédige.
Chaque sous-requête devient une opportunité : un document qui traite bien un angle a ses chances d'être repris, même s'il n'est pas le meilleur résultat sur la question de départ.